- Description
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Palissandre, ébène, bronze doré, marbre blanc veiné gris.
Quatre pieds en gaine carrée, sabots en sorte de boule et feuillages légers remontant; importantes guirlandes de fleurs en chute avec rubans au haut des pieds. Ceinture, en quart de cercle sur les côtés, soulignée haut et bas d'une bordure bronze ; décor de frise depostes dans encadrement bronze sur fond d'ébène et trois cannelures brindille à l'aplomb de chaque pied. Un tiroir à serrure. Dessus marbre à décrochements et congé supérieur.
- Historique
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Console d'une paire exécutée par Guillaume Beneman (1750-1811).
Cette paire fait partie d'une grande commande passée en 1786 pour de nouveaux appartements dans les châteaux de Fontainebleau et de Compiègne, mais a été exécutée à partir d'un modèle antérieur de quinze ans. Des travaux importants s'achèvent alors dans ces deux résidences : à Fontainebleau, un nouvel appartement est aménagé sur le jardin de Diane dans l'aile élevée en 1785-1786 le long de la galerie François Ier ; à Compiègne, c'est la reconstruction même du château qui touche à sa fin.
Il est décidé, soit par souci d'économie, soit parce que l'administration du Garde-meuble de la Couronne attache à ces meubles une qualité qu'elle estime royale, de déplacer trois commodes, livrées par Gilles Joubert en 1771 pour le grand cabinet de la dauphine Marie-Antoinette à Versailles, et présentes dans le salon des Nobles de la reine, qui est au même moment redécoré par Richard Mique et remeublé par Riesener. Deux commodes sont envoyées à Fontainebleau, dans le cabinet de la poudre de Louis XVI, et la troisième à Compiègne, dans son cabinet intérieur. C'est à partir d'elles que les nouveaux ensembles sont commandés à Beneman, sous la direction d'Hauré.
À Compiègne, la commode est complétée par une petite "commode en console", un bureau plat (détruit pendant la Seconde Guerre mondiale au Schloss Museum de Berlin) et un secrétaire à abattant (New York, The Metropolitan Museum of Art, Wrightsmann Collection, inv. 1971.206.17).
À Fontainebleau, tandis que les commodes sont restaurées et leur marbre remplacé, deux consoles assorties sont exécutées pour les entrefenêtres. Le mémoire d'Hauré indique que la fonte est due à la veuve Forestier et à Étienne-Jean Forestier, la ciselure à Denis Bardin et Charles-Jacques Tournay, la dorure à Jean-Pierre Feuchère (AN, O/1/3641).
Envoyée le 23 nivôse an IV (13 janvier 1796), dans la paire, au Garde-meuble national, à Paris, avec un ensemble d'objets d'art considérés comme les plus précieux de Fontainebleau qui échappent à la vente sur place des meubles (O/2/398, p. 65).
Envoyée le 22 thermidor an IV (9 août 1796) au Directoire exécutif, pour le salon de Joseph Jean Lagarde, secrétaire général du Directoire (O/2/435, dossier n° 14, pièce n° 7).
Décrite en 1807 dans les magasins du Mobilier impérial (n° 150).
Envoyée le 1er septembre 1808, dans la paire, au palais des Tuileries, pour le salon de l'appartement de la dame d'honneur de l'impératrice, Madame de La Rochefoucauld, au rez-de-chaussée du pavillon de Flore (AN, O/2/608, n° 2359 ou 2360). Rentrée au Garde-meuble le 26 février 1810, dans la paire.
Envoyée le 28 juin 1810 au palais de Fontainebleau, pour les salons de prince souverain de l'aile des princes. Décrite en 1817 dans le deuxième salon de l'appartement n° 1 de l'aile des princes (AN, AJ/19/243, n° 1707) ; en 1833, dans le deuxième salon de l'appartement n° 485, au rez-de-chaussée de l'aile des princes, sur la cour du Cheval blanc (AN, AJ/19/249, f° 185 v°, n° 1081). Rentrée au Garde-meuble en 1846.
Envoyée en 1849, dans la paire, à l'hôtel des Invalides, et placée dans le deuxième salon ou salon rouge. Cette console fait ainsi partie du nouvel ameublement des Invalides à la suite de la nomination, en décembre 1848, de Jérôme Bonaparte comme gouverneur, par son neveu, le prince-président, futur Napoléon III.
Versée au Mobilier national, le 6 février 1995, dans la paire, par l'hôtel des Invalides, provenant du logement de représentation du général directeur de l'institut des hautes études de la Défense nationale, 17 boulevard de la Tour-Maubourg, Paris 7e arr. (Arch. Mob. nat., MM6433, f° 192 v°, n° 17197).
Laissée en dépôt de 1995 à 2010 dans ce même logement.
Déposée depuis 2011, dans la paire, au château de Versailles, et placée, dans la paire, dans la pièce de la Vaisselle d'or de l'appartement intérieur du roi, au premier étage.
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A propos de
des auteurs
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Charles-Jacques Tournay (1738-après 1793)
Ciseleur et fondeur à Paris.
- Bibliographie
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Rondot, Bertrand ; Gautier, Jean-Jacques , Le château de Versailles raconte le Mobilier national : Quatre siècles de création : [exposition, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon, 20 septembre 2010 - 11 décembre 2011], [Versailles] ; [Paris], Château de Versailles ; Skira Flammarion, 2011, 279 p., p. 111-115
Samoyault, Jean-Pierre ; Musée national du Château de Fontainebleau, Fontainebleau : Musée national du château : Catalogue des collections de mobilier 3, Meubles entrés sous le Premier Empire : Meubles d'architecture, de rangement, de travail, d'agrément et de confort, Paris : Réunion des Musées nationaux, 2004., p. 345-347
Verlet, Pierre (1908-1987), Le mobilier royal français. IV : meubles de la couronne conservés en Europe et aux États-Unis, Paris : Picard, 1990., p. 71-72
Vittet, Jean, "Le mobilier du gouverneur des Invalides en 1849 : un ameublement balzacien ?", in L'Année balzacienne, 2027-1, n° 18, Paris : Presses Universitaires de France, 2017, p. 67-78, p. 71
Dossier d’œuvre
Castelluccio (Stéphane). Les trésors du Mobilier national. Dossier de l'art, juin 2021, n°289, p.80.