- Historique
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Pendule représentant la déesse Rome, 1813.
Le bronzier Lucien-François Feuchère (1766-1841) fut chargé par le Garde-meuble de fournir des bronzes au palais des Tuileries pour l’appartement du roi de Rome (1811-1832), fils de Napoléon Ier et de Marie-Louise d’Autriche.
Par une soumission approuvée le 11 septembre 1812, cette fourniture de bronzes comprenait une pendule représentant la déesse Rome flanquée d’une allégorie du Tibre d’un côté, et de l’autre, de la Louve accompagnée de Romulus et Rémus. L’allégorie, dont un des bras est aujourd’hui lacunaire, portait initialement une lance d’un bras et un palladium de l’autre. Les trophées en bas-relief décorant le socle sont inspirés de ceux de la colonne trajane. L’iconographie de cette pendule était ainsi spécialement conçue pour évoquer le titre de « roi de Rome » que l’héritier de l’empereur reçut à sa naissance.
Le mouvement de la pendule avait été confié à « Lepaute oncle ». Il fut postérieurement signé par « LEPAUTE & FILS ».
À la suite de difficultés financières, Feuchère ne livra finalement la pendule qu’en juin 1814 soit deux mois après la capitulation de l’empereur. Le salon des Tuileries, pour lequel la pendule avait été commandée, était alors été attribué à « son Altesse Royale Monsieur », frère du roi et futur Charles X. De cette même commande, le Mobilier national conserve également la paire de chenets (GML 417).
En 1825, elle fait partie des bronzes de l’appartement sélectionnés pour être envoyés à Reims pour l’ameublement du palais archiépiscopal (AN, O3 287). Arrivée en mars, elle est très probablement placée dans l’appartement royal. Elle retrouve ensuite sa place aux Tuileries le 17 juin (AN, O3 288, f° 62 v°, n° 6857).
décrite en 1826 au palais des Tuileries, au premier étage du pavillon de Marsan, dans le grand salon de l'ancien appartement du comte d'Artois (AN, AJ/19/158, n° 9725).
Décrite en 1833 au palais des Tuileries, au premier étage du pavillon de Marsan, dans le grand salon du duc de Nemours (AN, AJ/19/170, f° 225v°, n° 2772).
En 1855, l’objet fit partie du décor du Palais-Royal, dans le premier salon du Prince Napoléon (1822-1891), fils de Jérôme Bonaparte, après avoir été remis en état par le bronzier E. Vittoz qui signa le bronze à cette occasion.
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A propos de
des auteurs
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Lucien-François Feuchère (30 août 1766 - 21 mars 1841)
La dynastie des Feuchère compte :
- Pierre-François Feuchère (doreur, fondeur, ciseleur, 1737-1823).
- Lucien-François Feuchère (maître bronzier, 1766-1841, , actif jusqu’en 1824), fils du précédent.
- Feuchère, Armand (son fils, né en 1794) reprend l’atelier en 1824 et s’associe à Fossey pour former « Feuchère et Fossey » jusqu’en 1831, puis exerce seul jusqu’en 1863.
- Léon Feuchère, architecte et décorateur (1804-1857), fils du précédent.
- Feuchère, Jean-Jacques dit Jean (1807-1852), sculpteur qui travailla pour les orfèvres et les fondeurs en bronze (sculpture d’art).
- Lucien-François Feuchère (1842-1904), architecte, fils de Léon.
Lepaute et fils
En 1811, Pierre-Basile Lepaute forme avec son fils, Pierre-Michel (1785-1849), une nouvelle société sous la raison sociale « Lepaute et fils ». Pendant plusieurs décennies, ils seront les principaux fournisseurs de pendules pour le Garde-Meuble impérial, puis royal ; recevant successivement les titres d’horloger de l’empereur sous Napoléon et d’horloger du roi à la Restauration.
Pierre-Basile Lepaute (1750-1843)
Pierre-Basile Lepaute, dit Sully-Lepaute, est l’un des plus importants horlogers parisiens de la fin du XVIIIe siècle et des premières décennies du siècle suivant. Il rejoint ses oncles Jean-André et Jean-Baptiste, également horlogers, dans la capitale vers le milieu des années 1760 et débute sa formation dans l’atelier familial.
Dans un premier temps, il s’associe avec son oncle et son cousin avant de racheter la société familiale en 1789. Vers la fin du XVIIIe siècle, il fonde avec son neveu, Jean-Joseph Lepaute, un nouvelle société qui dure jusqu’en 1811 et qui reçoit notamment une médaille d’argent à l’Exposition des Produits de l’Industrie de 1806.
En 1811, son neveu installe son propre atelier, tandis que Pierre-Basile forme avec son fils, Pierre-Michel (1785-1849), une nouvelle société sous la raison sociale « Lepaute et fils ». Pendant plusieurs décennies, ils seront les principaux fournisseurs de pendules pour le Garde-Meuble impérial, puis royal ; recevant successivement les titres d’Horloger de l’Empereur sous Napoléon et d’Horloger du Roi à la Restauration.
Pierre-Michel Lepaute (1785-1849)
Fils de Pierre-Basile Lepaute, associé avec lui en 1811 sous la raison sociale "Lepaute et Fils".
- Bibliographie
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Dupuy-Baylet, Marie-France ; Aomen yi shu bo wu guan , 華麗裝飾 : Napoleão e as Artes Decorativas : Tesouros de Palácios Imperiais = Napoleon and the Decorative Arts : Treasures of the Imperial Palaces: [exposition, Musée des Arts de Macau (Chine), 17/04 au 14/07/2013], Macau, Aomen yi shu bo wu guan : Instituto para os Assuntos Cívicos e Municipais, 2013, 257 p., p.66-67
Beyeler, Christophe ; Hébert, Jean-François ; Musée national du Château de Fontainebleau ; Établissement public de la Réunion des musées nationaux et du Grand Palais des Champs-Élysées , Pie VII face à Napoléon : La tiare dans les serres de l'Aigle : Rome, Paris, Fontainebleau 1764-1814 : [exposition, Château de Fontainebleau, 28 mars-29 juin 2015], Paris, Réunion des musées nationaux - Grand Palais, 2015, 247 p., p.166, 167
Thierry Sarmant, Palais disparus de Napoléon : Tuileries, Saint-Cloud, Meudon : [Exposition, Paris, Galerie des Gobelins, 15 septembre 2021 au 15 janvier 2022], Paris : In fine, 2021., p.4-5
Vannet, Agnès ; Mauerhan, Joëlle ; Brunet, Pascal , Le roi, l'empereur et la pendule : livret pour tous : [Exposition, Musée de Besançon, 12 Mai au 19 Novembre 2006], Besançon, Musée du temps..., 2006, 29 p., p.104
Serrette, Renaud ; Cavalié, Hélène ; Bern, Stéphane , Le dernier sacre : [exposition, Paris, Galerie des Gobelins, 11 avril-20 juillet 2025], Saint-Rémy-en-l'Eau, Monelle Hayot, 2025, 531 p.
-Dupuy-Baylet, Marie-France, "Pendules du Mobilier national 1800-1870", Dijon, 2006, pp.141-143, notice 68.
-Dupuy-Baylet, Marie-France, cat. expo. 2013, Museum of Art, "Napoléon Ier et les Arts décoratifs. Trésors des palais impériaux", n° 17, pp. 66-67.
-Beyeler, Christophe, Dupuy-Baylet, Marie-France), Pie VII face à Napoléon : La tiare dans les serres de l'Aigle, Paris, 2015, p.166-167, fig 97.