Torchère Torchère de la salle d'assemblée du Conseil d'État au palais des Tuileries

Numéro d’inventaire
GML 8665/007
Auteurs
Pierre-Benoît Marcion
Année de conception
1807
Style
Empire
Types
Torchère, Chandelier, Luminaire
Époque
Premier Empire (1804-1815)
Matières
Doré, Bois
Dimensions (h × l × L)
225 x 50 x 0 cm
Acquisition
1969-05-09
Description
Bois sculpté doré.
Socle rectangulaire en légère gaine à faces concaves, portet par trois griffes de lion avec crossettes, les faces ornées de couronnes de laurier, étoiles, palmes, rosaces et laurier rectilignes et rais de coeur. Ce socle est surmonté de trois aigles, assis aux ailes déployées; le centre porte une colonne ornée à la base d'une ceinture de perles et de feuilles d'acanthe. Fût cannelé, mouluré avec gaine de feuilles de laurier verticales haut et bas, terminé à la partie supérieure par une coupe, partie basse godronnée et surmonté d'un large cavet orné de lauriers et bord godronné.
Historique
Torchère exécutée par Pierre-Benoît Marcion (1769-1840), ébéniste à Paris.
Marcion semble avoir pris pour modèle un candélabre conçu autour de 1790 par les architectes Jacques-Guillaume Legrand (1753-1807) et Jacques Molinos (1743-1831) pour la marquise de Marbeuf, où les aigles étaient déjà présents, et dont la gravure avait été publiée par Charles Normand, dans son "Recueil d'ornements" (pl. 31).
Livrée en 1807, dans une suite de huit, pour la salle d’assemblée du Conseil d’État, dite salle des Travées, au palais des Tuileries. Cette nouvelle salle fait partie de la grande campagne de travaux entreprise dans la partie nord des Tuileries entre 1805 et 1808 pour remplacer les aménagements de la Convention.
En 1814, les cinq anciennes sections du Conseil d'État sont transférées à l'extérieur du palais, principalement à la chancellerie, place Vendôme. Malgré cela, les torchères comme l'ensemble de l'ameublement de la salle du Conseil d'État sont d'abord conservés, y compris le fauteuil du souverain (AN, AJ/19/146, f° 47 et suivants) ; seuls les N ornant la base des torchères sont bûchés. Le départ du Conseil d'État amène à simplifier progressivement le mobilier de la pièce, qui fait désormais fonction d'antichambre : le fauteuil et les chaises sont retirés avant 1826, alors que les huit torchères et leurs girandoles sont encore en place (AN, AJ/19/155, f° 57 et suivants, n° 395-399). Les torchères sont finalement retirées avant 1833 et remplacées par douze tabourets (AN, AJ/19/170, 2e vol., f° 13 et suivants), probablement à l'occasion des travaux menés par Fontaine en 1832 à proximité, notamment la suppression des escaliers Le Vau et du Conseil d'État, remplacés par une galerie dite salon de la Paix ou galerie de Louis-Philippe.
Inscrite à l'inventaire du Mobilier national, le 9 mai 1969, dans la suite de huit, par régularisation (Arch. Mob. nat., MM6436, p. 608, n° 8665).
Déposée depuis 2008 à l'hôtel de Matignon, 57 rue de Varenne, Paris 7e arr.
A propos de l'auteur
Pierre-Benoît Marcion (19 février 1769 - 17 mai 1840)
Actif de 1798 à 1817, Pierre-Benoît Marcion fut l'un des principaux fournisseurs de meubles sous l'Empire, "le second après Jacob" (D. Ledoux-Lebard, p. 461).
Bibliographie
Rondot, Bertrand ; Gautier, Jean-Jacques , Le château de Versailles raconte le Mobilier national : Quatre siècles de création : [exposition, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon, 20 septembre 2010 - 11 décembre 2011], [Versailles] ; [Paris], Château de Versailles ; Skira Flammarion, 2011, 279 p., p. 205-207
- Samoyault, Jean-Pierre (1938-....), Mobilier Français : Consulat et Empire, Paris : Gourcuff Gradenigo, 2009, 287 p., p. 244
Sarmant, Thierry (1969-....) ; Barbier, Muriel (19..-.... ; conservateur du patrimoine) , Palais disparus de Napoléon : Tuileries, Saint-Cloud, Meudon : [Exposition, Paris, Galerie des Gobelins, 15 septembre 2021 au 15 janvier 2022], Paris, In fine, 2021, p. 411-412