- Description
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Ostensoir en vermeil de la Chapelle royale des Tuileries, par François-Isaac Bertand-Paraud, Paris, 1826.
Inscriptions :
Signé sous le pied en capitales BERTRAND PARAUD FECIT 1826
Gravé sur le pied CHAPELLE ROYALE
Poinçons :
Orfèvre (FJB, une buire) ;
Paris, 1819-1838, argent, 1er titre (Michel-Ange), grosse garantie (Cérès), contremarque (illisible)
En 1827, le cardinal-prince de Croÿ, grand-aumônier de France, fait envoyer le grand ostensoir de vermeil de la chapelle des Tuileries, dans celle du palais de Versailles (Versailles, musée nat. du château, inv. CHAP 6.1). Cet objet, livré par l'orfèvre Pierre Paraud sous le règne de Napoléon (en 1808), présente en effet des aigles placées au quatre coins du piédestal de la figure. Il n'est pas inconcevable, alors que triomphait le parti ultra, que ces symboles, pourtant discrets, aient finalement paru insupportables au clergé du palais des Tuileries. Quoiqu'il en soit, un nouvel ostensoir entre en 1827 dans la chapelle royale.
Le dessin de l’ostensoir est très classique. Le piédestal, reposant sur quatre griffes de lion, présente autant de scènes historiées en bas-relief. Sur la face avant est représentée la Cène, tandis que la face postérieure figure la dépouille de l’Agneau, sur la Croix et le Livre, sous une nuée rayonnante. L’une des faces latérales figure l’Arche d’Alliance, ou propitiatoire, avec ses deux chérubins ailés, et l’autre la table dite « des pains de proposition » où sont les pains évoquant la Manne (Exode 25:30). Aux angles, quatre têtes de chérubins et des tores de lauriers en haut relief séparent ces scènes.
La tige du soleil est fuselée dans sa partie inférieure, et sur ce renflement sont deux têtes de chérubins ailés en ronde-bosse, dont les ailes se confondent avec un culot de feuilles. Un faisceau d’épis de blés noués forme la partie supérieure de la tige.
Celle-ci s’épanouit à la base du soleil, en une gerbe de blé rayonnante d’où jaillit la nuée, ornée de cinq têtes d’anges, remplacées au revers par des étoiles à cinq branches. Elle est surmontée d’une croix et entourée de rayons ajourés. La lunule est munie d’un verre circulaire biseauté (celui du revers manque). Le soleil, séparé de la base et de la tige, est muni d’une souche en bois à tige de fer, qui s’emboîte dans celle-ci.
- Historique
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L'inventaire de 1833 de la chapelle des Tuileries (AN, AJ19 193) le décrit sous le n°6 : "Un ostensoir de 33 pouces de haut, richement ciselé, et un cercle pour entourer l'hostie de 40 topazes brulées du Brésil". Il est alors prisé 3,323 fr. On le retrouve dans l'inventaire de 1843 sous le n°5 (AN, AJ19 194) et à nouveau sous le n°6 dans celui de 1856 (AN, AJ19 195). Outre ses dimensions monumentales (91 cm de haut, 48 de large), et sa qualité de ciselure et de dorure, cet ostensoir se distingue par l'emploi de pierres fines autour de la lunule, usage qui évoque la tradition des XVIIe et XVIIIe siècle. Cet élément distinctif est malheureusement disparu, l'ostensoir ayant été endommagé à la fin du XIXe siècle, probablement autour de 1870 (des perforations sur la nuée de la face avant nous indiquent son emplacement). En 1874, l'ostensoir est déposé au magasin des fêtes. Conservé depuis dans les réserves du Mobilier national, il est néanmoins déposé de 1927 à 2010 au musée des Arts décoratifs de Paris. L'étui en maroquin vert qui accompagnait l'ostensoir semble perdu.
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A propos de
l'auteur
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François-Isaac Bertrand dit Bertrand-Paraud (1774-1832)
Élève et gendre de Pierre Paraud, François-Joseph Bertrand-Paraud reprit en 1817 (date d’insculpation de son poinçon d’orfèvre) l’atelier familial au 18, rue des Arcis, à Paris.