- Description
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Vermeil.
Boîtes à épices avec plateau à devanture arrondie, semé d'abeilles dans des losanges. Au centre du plateau, les armes de l'Empire. Au pourtour, sept couronnes de divers feuillages, avec des enseignes antiques surmontées d'un coq.
Sur l'un des bouts, une boîte à trois compartiments, destinés à recueillir sel, poivre et cure-dents, dont le couvercle porte la couronne impériale sur un coussin, entre deux touffes de roses. La face antérieure de la boîte est ornée de bas-reliefs représentant des zéphyrs qui balancent l'amour sur une guirlande de fleurs.
- Historique
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La proclamation de l’Empire en 1804 voit le rétablissement d’un cérémonial régissant tous les aspects de la vie officielle du souverain et de la cour. « L’Étiquette du Palais impérial » rédigée par M. de Ségur, grand maître des cérémonies, n’omet aucun détail du protocole et les « Repas de Leurs Majestés » sont eux aussi soumis à des règles précises. Trois types sont prévus : le grand couvert, le petit couvert et le service dans les appartements intérieurs. Renouant avec la tradition monarchique d’Ancien Régime, le grand couvert, réservé aux événements majeurs, nécessite une vaisselle d’apparat répondant à la dignité impériale.
À l'occasion du sacre de l'Empereur, le 2 décembre 1804, le compte Nicolas Frochot (1761-1828), préfet de la Seine, prend l'initiative de faire offrir par la Ville de Paris un tel service d'apparat en vermeil, dont deux nefs constituent les pièces les plus prestigieuses. Commandé fin septembre 1804 à l’orfèvre Henry Auguste (1759-1816), le service est exécuté en deux mois par 150 ouvriers. La remise officielle se déroule le 16 décembre suivant, jour de la fête donnée en l’honneur des souverains à l’hôtel de ville.
Composé de 1069 pièces, le Grand Vermeil orne la table impériale lors des plus fastueuses célébrations de l’Empire, comme lors du banquet de mariage de Napoléon et de Marie-Louise.
En 1852, le service est présenté au musée des Souverains, créé par Napoléon III et installé dans l'enceinte du Louvre (cinq salles au premier étage de l'aile de la Colonnade), pour présenter les souvenirs des dynasties régnantes de France, depuis les Mérovingiens jusqu'au Second Empire, ainsi que les collections d'art décoratif.
En 1870, à la chute du Second Empire, les collections sont placées sous séquestre, puis le musée est officiellement fermé en 1872, ce qui entraîne la restitution des objets aux institutions auxquelles ils avaient été empruntés.
En 1873, vingt-six pièces sont versées au Garde-meuble. Restées en réserve, elles sont inscrites à l'inventaire du Mobilier national en 1894 (Arch. Mob. nat., MM6423, n° 327) :
- la nef de l'empereur (GML 327/2) ;
- la nef de l'impératrice (GML 327/1) ;
- le cadenas de l'empereur (GML 327/24) ;
- le cadenas de l'impératrice (GML 327/10) ;
- deux pots à oille (GML 327/5 et 17) ;
- quatre terrines (GML 327/4, 7, 15 et 21) ;
- six seaux à rafraîchir (GML 327/3, 14, 22, 23, 25 et 26) ;
- six verrières ovales (GML 327/6, 8, 11, 12, 16 et 20) ;
- deux porte-moutardiers (GML 327/9 et 18) ;
- deux cuillères (GML 327/13 et 19).
Ces vingt-six pièces sont les seules de l'ensemble originel qui nous sont parvenues.
Déposées en 1908 au château de Malmaison, elles sont transférées en 1985 au château de Fontainebleau, à destination du musée Napoléon Ier, dont l'ouverture, décidée en 1979, est effective en 1986.
- Bibliographie
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Samoyault, Jean-Pierre (1938-....) ; Samoyault-Verlet, Colombe (1938-2009), Château de Fontainebleau : Musée Napoléon Ier : Napoléon et la famille impériale, 1804-1815, Paris : Réunion des musées nationaux, 1986., p.34
Lefébure, Amaury , Joséphine : impératrice : [exposition, Paris, Musée du Luxembourg, 12 mars - 29 juin 2014], Paris, Réunion des musées nationaux - Grand Palais, 2014, 191 p., p.94-95