Soierie Bordure pour tenture du Salon de Famille du Palais de Saint-Cloud

Numéro d’inventaire
GMMP 1326/003
Auteurs
Camille Pernon
Année de conception
1806
Style
Empire
Types
Tissu précieux, Textile
Époque
Premier Empire (1804-1815)
Matières
Soie, Textile
Dimensions (h × l × L)
2,54 x 0 x 0,54 m
Ancien numéro d’inventaire
Pas de sous-numérotation jusqu'en 2021 : identifié sous le générique GMMP 1326.
Description
Bordure pour tenture. Damas fond satin renforcé vert et brun liseré gris de lin et blanc. Le dessin représente une suite de fleurettes et ornements, courant de feuillage sur fond aurore dans le talon.
Historique
Ce damas fait partie des soieries commandées à Camille Pernon en 1806 pour le Palais de Versailles, en même temps que quatre autres meubles et les étoffes de la Salle du Trône. L'Empereur ayant précisé qu'il n'habiterait pas ce palais avant plusieurs années, Desmazis avait prévu de rendre cette commande propre à être utilisée dans une autre demeure. C'est à Saint-Cloud que peu après sa livraison en 1809, ce damas devait être utilisé dans le Salon de Famille. Cette pièce, aménagée dans l'appartement de l'Empereur, au rez-de-chaussée sur l'Orangerie, à l'emplacement d'un bureau topographique avec corps de bibliothèque, avait d'abord été meublé rapidement avec un fonds du Garde-meuble : rideaux en 15/16 aurore et sièges en bois doré recouverts de tapisserie de Beauvais. En 1808, on avait décidé qu'il était temps de renouveler cet ameublement et le tapissier Maigret a fait sortir du magasin des métrages de damas pour confectionner une tenture en quatorze panneaux, deux portières, cinq cantonnières, cinq rideaux de croisée, et garnir deux canapés, douze fauteuils, dix-huit chaises, deux tabourets de pieds et un écran. Cet ensemble est demeuré dans le Salon de Famille jusqu'en 1826 puis est rentré au Garde-Meuble pour être dégarni et retourner à Saint-Cloud pour y rester jusqu'à la fin du Second Empire.
A propos de l'auteur
Camille Pernon (03 novembre 1753 - 03 décembre 1808)
En 1771, Camille Pernon fait ses débuts dans l'entreprise familiale fondée en 1680 par son arrière-grand-père. Grand fabriquant négociant de soieries, il est aussi reconnu comme ambassadeur de la Grande Fabrique auprès des pays européens. Il réalise des décors pour Marie-Antoinette et Louis XVI, mais aussi pour des puissantes cours en Europe. Il a collaboré avec François Grognard, Philippe La Salle, ou Joseph-Marie Jacquard qui fait ses premiers essais sur les métiers de la manufactures de Pernon.
A la fin du XVIIIe et au début du XIXe, Camille Pernon travaille avec des grands noms de la décoration, comme Jean-Démosthène Dugourc, Alexandre-Théodore Brongniart, Nanteuil, ou la maison Bouvard. Pernon devient le principal fournisseur des soieries du Consulat et du début de l'Empire, Napoléon le considère comme le "meilleur à Lyon". Il réalise notamment des ensembles pour Saint-Cloud.
Dès 1806, Pernon reçoit une grande commande de décors pour le futur palais de Versailles. Cependant, accusé de fabrication non-conforme, ce scandale l'oblige à se retirer en 1807. Il cède sa manufacture aux frères Grand.
Bibliographie
-Coural (Jean), Gastinel-Coural (Chantal), Paris, Mobilier national. Soieries Empire, 1980, n° 102, p. 317-320
-Sarmant (Thierry) (dir.). Palais disparus de Napoléon : Tuileries, Saint-Cloud, Meudon. [Exposition, Paris, Galerie des Gobelins, 15 septembre 2021 au 15 janvier 2022], Paris : In fine, 2021, p. 194