Soierie Bordures brocart et or, pour sièges destinés à la Salle du Trône de Versailles

Numéro d’inventaire
GMMP 214/003
Auteurs
Grand Frères, Camille Pernon
Année de conception
1806
Style
Empire
Types
Tissu précieux, Textile
Époque
Premier Empire (1804-1815)
Matières
Fils d’or et d’argent, Textile, Soie
Dimensions (h × l × L)
1,964 x 0 x 0,067 m
Acquisition
Achat
Ancien numéro d’inventaire
Pas de sous-numérotation jusqu’en 2020 : identifié sous le générique GMMP 214.
Description
Bordure de siège, section rectangulaire, composée de 3 pièces de tissu cousues entre elles. Deux des pièces présentent une lisière.
Brocart or, fond satin cramoisi fin broché 3 ors.
Frise composée d'un tore entrecoupé de fleurs rondes stylisées, encadrée par deux bandes or.

Historique :
Etoffe créée pour la salle du Trône du Palais de Versailles. La fabrication de ce brocart avait été prévue dans le budget de 1806 pour le Palais de Versailles, que l’Empereur songeait dès cette époque à réinstaller, en même temps que cinq autres meubles sans affectation précise. L'Empereur ayant momentanément renoncé à Versailles, les étoffes demeurèrent dans les magasins du Mobilier Impérial. À la Restauration, pour son utilisation, il est nécessaire de modifier les emblèmes impériaux. En 1821, le brocart est utilisé par le tapissier Laflèche dans l’appartement de la duchesse de Berry aux Tuileries (pavillon Marsan). En 1825, une autre partie de ce tissu est utilisée pour le sacre de Charles X. Un ensemble de bordures sert également au décor de la Salle du trône de Napoléon III aux Tuileries.
A propos de des auteurs
Grand Frères (1807-1871)
Reprenant la manufacture lyonnaise de Camille Pernon en 1807 à la suite d'un scandale, les frères Grand (Jean-Baptiste, dit Jean-Etienne, et Jean-Zacharie) renomment la manufacture Grand Frères en 1808. Ils reçurent en 1808 des commandes officielles pour le palais de Versailles et notamment la salle du Trône. Mais aussi d'autres commandes prestigieuses pour Saint-Cloud, Meudon, Fontainebleau ou les Tuileries. Ils poursuivent leur travail pour le Mobilier impérial jusqu'à la fin de l'Empire.
Dès 1830, ils produisent des nouveaux produits en lien avec la révolution industrielle. Ils livrent la cour de Napoléon III, puis cède la manufacture en 1870 aux familles Tassinari et Chatel.

Camille Pernon (03 novembre 1753 - 03 décembre 1808)
En 1771, Camille Pernon fait ses débuts dans l'entreprise familiale fondée en 1680 par son arrière-grand-père. Grand fabriquant négociant de soieries, il est aussi reconnu comme ambassadeur de la Grande Fabrique auprès des pays européens. Il réalise des décors pour Marie-Antoinette et Louis XVI, mais aussi pour des puissantes cours en Europe. Il a collaboré avec François Grognard, Philippe La Salle, ou Joseph-Marie Jacquard qui fait ses premiers essais sur les métiers de la manufactures de Pernon.
A la fin du XVIIIe et au début du XIXe, Camille Pernon travaille avec des grands noms de la décoration, comme Jean-Démosthène Dugourc, Alexandre-Théodore Brongniart, Nanteuil, ou la maison Bouvard. Pernon devient le principal fournisseur des soieries du Consulat et du début de l'Empire, Napoléon le considère comme le "meilleur à Lyon". Il réalise notamment des ensembles pour Saint-Cloud.
Dès 1806, Pernon reçoit une grande commande de décors pour le futur palais de Versailles. Cependant, accusé de fabrication non-conforme, ce scandale l'oblige à se retirer en 1807. Il cède sa manufacture aux frères Grand.
Bibliographie
Coural (Jean), Gastinel-Coural (Chantal), Paris, Mobilier national. Soieries Empire, 1980, notice n°3, p.49-58.