Soierie Meuble pour la chambre de parade de l'Empereur à Saint-Cloud

Numéro d’inventaire
GMMP 701/020
Auteurs
Camille Pernon
Année de conception
1805
Style
Empire
Types
Tissu précieux, Textile
Époque
Premier Empire (1804-1815)
Matières
Fils d’or et d’argent, Textile, Soie
Dimensions (h × l × L)
0,245 x 0 x 0,26 m
Acquisition
Achat
Ancien numéro d’inventaire
Pas de sous-numérotation jusqu’en 2020 : identifié sous le générique GMMP 701.
Description
Ecoinçon carré. Les bords sont repliés au revers (partiellement dépliés sur le côté droit). Présence d'une lisière sur le bord inférieur. Velours fond pourpre antique chiné modoré brun, brodé en or relevé (fil or et canetille et petits morceaux de pate dorée).
Dessin de fleurs et étoiles noires sur le velours cramoisi. Décor en or relevé formant une rosace au centre, entourée d'une grande palme enroulée sur elle-même. Le tout dans un encadremenet or.

Historique :
Le meuble de velours pour la Chambre à coucher de l'Empereur Napoléon au Palais de Saint-Cloud, avait été commandé à Pernon par Lefuel, conservateur du Mobilier Impérial, sans avoir reçu au préalable l'accord du général Duroc, ce qui valut quelques aléas administratifs, changements de devis, retards. Le damas cramoisi commandé en même temps pour les portières et rideaux fut employé séparemment. Dès l'an XII, le damas cramoisi est réservé pour la Salle du Trône des Tuileries (établie dans l'ancienne chambre du Roi dont le décor créé pour Louis XVI subsistait toujours) et une commande complémentaire fut adressée à Pernon. La Salle du Trône resta inchangée pendant les premières années de la Restauration à l'exception des rideaux de croisées qui furent renouvelés à l'été 1818.
Le damas cramoisi fut également employé dans la Salle du Conseil de Fontainebleau en 1805 et les rideaux restèrent en place jusqu'en 1964. La restitution du décor Empire de cette pièce fut achevée en 1972. Enfin, en 1808, des bordures pour rideaux en damas cramoisi sont aussi utilisées pour le Premier Salon de l'Empereur aux Tuileries.
A propos de l'auteur
Camille Pernon (03 novembre 1753 - 03 décembre 1808)
En 1771, Camille Pernon fait ses débuts dans l'entreprise familiale fondée en 1680 par son arrière-grand-père. Grand fabriquant négociant de soieries, il est aussi reconnu comme ambassadeur de la Grande Fabrique auprès des pays européens. Il réalise des décors pour Marie-Antoinette et Louis XVI, mais aussi pour des puissantes cours en Europe. Il a collaboré avec François Grognard, Philippe La Salle, ou Joseph-Marie Jacquard qui fait ses premiers essais sur les métiers de la manufactures de Pernon.
A la fin du XVIIIe et au début du XIXe, Camille Pernon travaille avec des grands noms de la décoration, comme Jean-Démosthène Dugourc, Alexandre-Théodore Brongniart, Nanteuil, ou la maison Bouvard. Pernon devient le principal fournisseur des soieries du Consulat et du début de l'Empire, Napoléon le considère comme le "meilleur à Lyon". Il réalise notamment des ensembles pour Saint-Cloud.
Dès 1806, Pernon reçoit une grande commande de décors pour le futur palais de Versailles. Cependant, accusé de fabrication non-conforme, ce scandale l'oblige à se retirer en 1807. Il cède sa manufacture aux frères Grand.
Bibliographie
Coural (Jean), Gastinel-Coural (Chantal), Paris, Mobilier national. Soieries Empire, 1980, notice n°18, p.92.
Mobilier National, Dumonthier, Paris, Editions Massin, 1909, pl.2 n°1, pl.8 n°1 , pl.14 n°1; Dumonthier , 1914, pl.11.