- Description
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Elément de bordures pour sièges. Section rectangulaire. L'un des bords longitudinaux est replié sur toute sa longueur. Velours fond pourpre chiné mordoré brun, dessin à palmettes brodées en or relevé.
- Historique
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Le meuble de velours, destiné à l'origine à la Chambre à coucher de l'Empereur Napoléon au Palais de Saint-Cloud, avait été commandé à Pernon par Lefuel, conservateur du Mobilier Impérial, sans avoir reçu au préalable l'accord du général Duroc, ce qui valut quelques aléas administratifs, changements de devis, retards. C'est seulement en 1813 que les services du Mobilier Impérial remirent au tapissier Maigret la totalité des étoffes en velours chiné pour tenture et sièges afin de confectionner le décor et l'ameublement du Grand Cabinet de l'Empereur à Saint-Cloud qui reste en place jusqu'en 1839. Une fois rentré au Garde-Meuble, le mobilier est dépecé et les étoffes sont réutilisées pour le décor de la chambre de Napoléon à la Malmaison. En 1968, en raison d'un nouvel aménagement, les étoffes rentrent au Mobilier national.
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A propos de
l'auteur
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Camille Pernon (03 novembre 1753 - 03 décembre 1808)
En 1771, Camille Pernon fait ses débuts dans l'entreprise familiale fondée en 1680 par son arrière-grand-père. Grand fabriquant négociant de soieries, il est aussi reconnu comme ambassadeur de la Grande Fabrique auprès des pays européens. Il réalise des décors pour Marie-Antoinette et Louis XVI, mais aussi pour des puissantes cours en Europe. Il a collaboré avec François Grognard, Philippe La Salle, ou Joseph-Marie Jacquard qui fait ses premiers essais sur les métiers de la manufactures de Pernon.
A la fin du XVIIIe et au début du XIXe, Camille Pernon travaille avec des grands noms de la décoration, comme Jean-Démosthène Dugourc, Alexandre-Théodore Brongniart, Nanteuil, ou la maison Bouvard. Pernon devient le principal fournisseur des soieries du Consulat et du début de l'Empire, Napoléon le considère comme le "meilleur à Lyon". Il réalise notamment des ensembles pour Saint-Cloud.
Dès 1806, Pernon reçoit une grande commande de décors pour le futur palais de Versailles. Cependant, accusé de fabrication non-conforme, ce scandale l'oblige à se retirer en 1807. Il cède sa manufacture aux frères Grand.
- Bibliographie
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Coural (Jean), Gastinel-Coural (Chantal), Paris, Mobilier national. Soieries Empire, 1980, n°18, p. 92 à 101.