Soierie Tenture en moire noisette à couronnes de roses et étoiles pour le Palais de Versailles

Numéro d’inventaire
GMMP 9727
Auteurs
Camille Pernon
Année de conception
1808
Style
Empire
Types
Tissu précieux, Textile
Époque
Premier Empire (1804-1815)
Matières
Soie, Textile
Dimensions (h × l × L)
250 x 79,5 x 0 cm
Ancien numéro d’inventaire
Pas de sous-numérotation jusqu'en 2021 : identifié sous le générique GMMP 9727
Description
Tenture. "Damas fond noisette gros de Tours fond moiré, le dessin à fond satin" à couronnes de roses, étoiles, baguettes en ornements.
Historique
Cette moire n'a pas servi pour Versailles comme l'Empereur le présumait mais a été entièrement utilisée au palais de Compiègne dans les appartements de l'Impératrice Joséphine et de Napoléon Ier. Ainsi, en 1808 des métrages ont été confiés au tapissier Flamand pour l'ameublement de la Salle de bains de l'Impératrice, dans l'appartement du Prince Souverain. En effet, l'Impératrice ne pouvant s'installer dans son Grand Appartement en raison des travaux, avait provisoirement pris possession de l'ancien appartement de Marie-Antoinette, qui avait été affecté à un Prince Souverain. L'ensemble composé de deux rideaux de croisées, d'un lit de repos, de sièges et écran, ont été déplacés en 1809 dans une pièce qui devient en 1811 la Salle de Bains du Roi de Rome. La tenture est rentrée au Garde-Meuble en 1858. En 1808, de nouveaux métrages d'étoffes pour tenture ont été confiés à Darrac pour la Petite Chambre à coucher de l'Empereur à Compiègne située à l'entresol (chambre de l'Appartement topographique). Le restant des étoffes n'a été utilisé qu'une seule fois après l'Empire en 1843, pour Vincennes, où habitait dans le Pavillon de la Reine le duc de Montpensier, dernier fils de Louis-Philippe, qui a été commandant du fort de 1842 à 1848.
A propos de l'auteur
Camille Pernon (03 novembre 1753 - 03 décembre 1808)
En 1771, Camille Pernon fait ses débuts dans l'entreprise familiale fondée en 1680 par son arrière-grand-père. Grand fabriquant négociant de soieries, il est aussi reconnu comme ambassadeur de la Grande Fabrique auprès des pays européens. Il réalise des décors pour Marie-Antoinette et Louis XVI, mais aussi pour des puissantes cours en Europe. Il a collaboré avec François Grognard, Philippe La Salle, ou Joseph-Marie Jacquard qui fait ses premiers essais sur les métiers de la manufactures de Pernon.
A la fin du XVIIIe et au début du XIXe, Camille Pernon travaille avec des grands noms de la décoration, comme Jean-Démosthène Dugourc, Alexandre-Théodore Brongniart, Nanteuil, ou la maison Bouvard. Pernon devient le principal fournisseur des soieries du Consulat et du début de l'Empire, Napoléon le considère comme le "meilleur à Lyon". Il réalise notamment des ensembles pour Saint-Cloud.
Dès 1806, Pernon reçoit une grande commande de décors pour le futur palais de Versailles. Cependant, accusé de fabrication non-conforme, ce scandale l'oblige à se retirer en 1807. Il cède sa manufacture aux frères Grand.
Bibliographie
Dion-Tenenbaum, Anne ; Chevallier, Bernard (1943-2024) , 1810 : La politique de l'amour : Napoléon Ier et Marie-Louise à Compiègne : [exposition, Musée national du Palais impérial de Compiègne, 28 mars - 19 juillet 2010], Paris, Réunion des musées nationaux, 2010, 207 p., p.120
-Coural (Jean), Gastinel-Coural (Chantal), Paris, Mobilier national. Soieries Empire, 1980, n° 144, p. 432-434.
-Dumonthier (Ernest), Mobilier national. Etoffes d’ameublement de l’époque napoléonienne, 1909, pl. 23 et pl. 30.