- Description
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Bois doré.
Pieds antérieurs tournés sabot olive à godrons. Toute la hauteur sculptée en 4 grosses feuilles, sommet retombant et base à guirlandes lauriers. Pieds postérieurs sabre, le sommet en culot évasé à gros rouleau godronné fond creux toutes faces, le côté à gerbe de laurier. Ceinture moulurée et sculptée toute surface et demi-tore de lauriers extrémités à culots. Dés à fond creux et rosace ronde. Supports d'accotoirs tournés sculptés comme les pieds antérieurs mais 2 feuilles d' acanthe et 2 feuilles d'eau alternées toute hauteur. Accotoirs plats tête circulaire saillante, tous les champs en demi-tore de lauriers. Grosse sphère. Dossier dégagé les montants concaves à partir de l'accotoir, et en très large console dessous, sculptée de gros rinceaux d'acanthe à rouleau et volute remontant en palmes de lauriers enrubannées. Sommet en demi-jonc à baguettes enrubannées, les extrémités à large bague, double rais de coeur et perles. Siège, dossier, manchettes à épaisseur.
Sans ressort, à châssis mobile sauf les manchettes.
Velours de soie rouge à galons or.
- Historique
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Fauteuil d'un ensemble de trois, exécuté en 1825 par Louis-Alexandre Bellangé d'après un dessin attribué à Saint-Ange pour le sacre de Charles X à Reims.
Le devis de Bellangé soumis le 24 décembre 1824 pour 250 francs (AN, O/3/1918).
D'un ensemble de trois fauteuils enregistrés sur les inventaires du Garde-Meuble de la Couronne le 3 décembre 1825 (AN, inventaire du magasin des meubles confectionnés, AJ/19/619, f° 158 v°, n° 25050, f° 159 v°, n° 25059 et f° 160 v°, n° 25074).
Ce fauteuil, portant le n° 25050 est le plus cher des trois (1035,60 francs), le désignant comme le fauteuil utilisé par le roi.
D'une paire de fauteuils décrits en 1830 dans le magasin du service des Fêtes et des Cérémonies (AN, inventaire des Fêtes et des Cérémonies, AJ/19/812, n° 2709).
D'une paire de fauteuils décrits en 1847 dans le magasin n° 29 du service des Fêtes et des Cérémonies (AN, inventaire des Fêtes et Cérémonies en 1847, AJ/19/843, f° 81v° , n° 1578).
D'un ensemble de trois fauteuils décrits en 1855 dans les magasins du service des Fêtes (Arch. Mob. nat., inventaire du service des Fêtes en 1855, M54-2, f° 113v°, n° 1589).
Un des trois fauteuils prêté le 29 avril 1864 au palais des Tuileries pour la réunion de la Société du prince impérial (AN, AJ/19/594, f° 6v°, n° 1589).
D'un ensemble de trois fauteuils inventoriés en 1894 dans les réserves du Mobilier national (Arch. Mob. nat., inventaire de 1894 et entrées, volume n° 1, M92, f° 288, n° 1294).
Un des trois fauteuils utilisé au palais de l'Elysée sous Félix Faure (1895-1898) comme fauteuil pour le président de la République lors de la remise de barrette à un cardinal dans la salle des fêtes (Paul Bluysen, Felix Faure intime, 1898).
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A propos de
des auteurs
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Jacques-Louis La Hamayde de Saint-Ange (de) dit Saint-Ange (28 avril 1780 - 03 mai 1860)
Probablement formé auprès de Percier et Fontaine, puis employé par Gisors et Baltard. Nommé le 1er janvier 1808 sous-inspecteur des travaux de la Bourse de Paris (futur Palais Brongniart), Saint-Ange cumula dès 1810 ces fonctions avec celles de dessinateur du Mobilier Impérial. A la chute de l'Empire, Saint-Ange conserva ses fonctions et le 22 mars 1816, le Gouvernement de Louis XVIII régularisait sa situation en le nommant Dessinateur du Mobilier de la Couronne, jusqu'à la décennie 1850. Il a produit de très nombreux modèles dessinés de tapis pour la manufacture de la Savonnerie, de tapisseries de siège pour la manufacture Beauvais. S'ajoutent des projets de tenture pour des pièces privées, des vitraux et des études de bâtiments antiques, médiévaux et d'Ancien régime.
Le Mobilier national possède un fonds exceptionnel du dessinateur, quoi que lacunaire compte tenu du report des dessins présents dans les ateliers de la manufacture de Beauvais durant le XIXe siècle. Il s'élève à près de 700 dessins, provenant de différents albums et dates d'acquisition : un recueil a été conservé en interne (GMTB 1376), démantelé peut-être en 2003, qui contenait environ 280 dessins : encre brune sur papier calque, aquarelle sur papier vergé etc. Un second album, peut-être transmis par les administrations successives, rassemble 94 feuillets, présentant des études personnelles, au graphite, repris à la plume et encre brune ultérieurement par Saint-Ange lui-même (GMTB 1316). Un troisième album acquis en 1952 (GMTB 1322), démantelé lui aussi peut-être vers 2003, comporte environ 100 dessins à la gouache. Enfin, le Mobilier national a acquis en 1998 deux albums de la maison Cartier fils comportant plus de 200 projets dessinés à la gouache pour les manufactures de Tournai et d'Aubusson (GMTC 1321 et 1322).
Louis-Alexandre Bellangé (1797-1861)
Fils de Pierre-Antoine Bellangé (1757-1827), lui-même frère de Louis-François Bellangé (1759-1827). Cousin d'Alexandre Bellangé (1799-1863).
Estampille : "L. BELLANGE".
- Bibliographie
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Samoyault, Jean-Pierre (1938-....) ; Mobilier national , A travers les collections du Mobilier national : (XVIe-XXe siècles) : [exposition, Beauvais, Galerie nationale de la Tapisserie, 20 avril - 29 octobre 2000], Paris, Centre national des arts plastiques, 2000, 150 p., p.110-111
Serrette, Renaud ; Cavalié, Hélène ; Bern, Stéphane , Le dernier sacre : [exposition, Paris, Galerie des Gobelins, 11 avril-20 juillet 2025], Saint-Rémy-en-l'Eau, Monelle Hayot, 2025, 531 p., p.85 ; 92 ; 93
Dossier d’œuvre
CORDIER (Sylvain), Bellangé, ébénistes,une histoire de goût au XIXe siècle, Paris, 2012. p.510, LAB 14