Chaise ajourée Chaise du Comité de salut public ?

Numéro d’inventaire
GMT 31038/002
Auteurs
Georges (I) Jacob
Année de conception
avant 1795
Style
Directoire - Consulat
Types
Chaise, Siège
Époque
Directoire (1795-1799)
Matières
Acajou, Bois, Cuir, Cuir et skaï
Dimensions (h × l × L)
0 x 0 x 0 m
Acquisition
1996-01-18 - Versement
Ancien numéro d’inventaire
II - Ceinture 1) Traverse antérieure a) Face inférieure - pochoir noir : "GMT 31038/2". 2) Traverse latérale gauche b) Face interne - pochoir rouge : "143 F 5789" (inventaire du château de Fontainebleau, 1832). 3) Traverse postérieure a) Face inférieure - estampille : "G. Iacob", partiellement cachée par la marque suivante ; - marque au feu : ovale Restauration "FON" (inventaire du château de Fontainebleau, vers 1815). b) Face interne - pochoir noir : "8 F 6505" (inventaire du château de Fontainebleau, 1817) ; - pochoir noire : "10". 4) Traverse latérale droite a) Face inférieure - pochoir noir : "F 4910" (inventaire du château de Fontainebleau, 1850). b) Face interne - pochoir noir : "F 2511" (inventaire du château de Fontainebleau, 1855) ; - marque au feu : "Préfecture Haute-Garonne" ; - en creux : "200117".
Description
Chaise en bois d'acajou, estampillée "G. Iacob".
Pieds antérieurs tournés fuselés, avec double bague à l'extrémité inférieure et moulures complexes à l'extrémité supérieure. Pieds postérieurs en sabre.
Ceinture quadrangulaire à traverses rectilignes. Dés légèrement saillants ornés sur les deux faces visibles d'appliques de cuivre doré en pointe de diamant.
Dossier ajouré au motif central complexe fait d’un cercle placé dans un carré à fond creux sur la pointe, les deux reliés par des motifs de draperies schématiques ornées de tigettes, carré lui-même inscrit dans un encadrement à fond creux ; montants ornés de coquilles à l'extrémité supérieure. Traverse supérieure large et débordante.
Assise et traverse supérieure du dossier garnies à épaisseur.
Historique
Chaise signée par Georges (I) Jacob (1739-1814), menuisier en sièges reçu maître à Paris en 1765.
La première mention certaine de l'ensemble d'où provient ce siège date de la Révolution. Sont envoyés du Garde-meuble de l'Assemblée nationale au Garde-meuble national, le 13 brumaire an IV (4 novembre 1795), "dix fauteuils en bois acajou de grande forme, dossier à planche avec camées et traverse à culots et palmettes, les accotoirs en muffle de lion, les dits sièges couverts en étoffe de crin rayé" et "dix chaises en bois d'acajou de grande forme dossier à planche avec camets et lozange au milieu du dossier, lesdit sièges couverts en étoffes de crin rayée" (AN, O/2/396, p. 341).
Pour Jean-Pierre Samoyault, la composition sans canapé et la garniture en tissu de crin laissent penser qu'il s'agit des sièges d'une salle de réunion, peut-être ceux de la salle d'un des comités de la Convention. Comme cet ensemble est envoyé en même temps que le bureau de Louis XV, aujourd'hui aux Archives nationales, qui avait figuré au Comité de salut public, celui-ci se révèle le meilleur candidat. Il pourrait donc s'agir de la livraison par Jacob des "fournitures de meubles et de chaises aux Comités de salut public et de sûreté générale", en thermidor an II, dont le menuisier réclame une partie du paiement le 26 vendémiaire an III (17 octobre 1794).
D'après Yves Carlier, l'origine serait plus ancienne et, au vu de la qualité et de l'originalité des pièces, il pourrait s'agir du mobilier exécuté par Jacob pour le duc de Chartres et saisi sous la Révolution : "20 fauteuils et 24 chaises, aussi de bois d'acajou, dans le genre étrusque, avec sièges de crin noir" (rapport des commissaires Boizot, Lemonnier et Desmarest sur les œuvres d'art et objets précieux trouvés dans la maison d'Égalité, ci-devant Palais Royal, Nouvelles Archives de l'Art français, 3e série, t. 18, 1902, p. 234).
Quoi qu'il en soit, l'ensemble est envoyé le lendemain, 14 brumaire an IV (5 novembre 1795) au palais du Luxembourg pour le service du Directoire exécutif, sans affectation spéciale.
Envoyée en 1800 au palais des Tuileries, dans le salon du troisième consul Charles-François Le Brun, dans le pavillon de Flore. Un canapé (GMT 31036) est commandé à cette date pour compléter l'ensemble (AN, F/13/279).
Décrite en 1807 chez Lebrun, devenu architrésorier, à l'hôtel de Noailles - l'ensemble mobilier comprend le canapé, six fauteuils et dix chaises. Retournée au Garde-meuble le 21 août 1807 par Laflotte, intendant de l'architrésorier (AN, O/2/605, n° 176) - l'ensemble retourné comprend le canapé, six fauteuils et dix chaises ; il rejoint deux fauteuils déjà présents au Garde-meuble.
Envoyée en septembre 1807 au palais de Fontainebleau, où elle est placée dans la chambre de l'appartement n° 13 du corridor de l'aile neuve (inv. de 1807, t. 1, p. 333) - l'ensemble envoyé comprend le canapé, huit fauteuils et dix chaises. Décrite en 1817 dans le salon des appartements n° 12 et 13, dans le corridor de l'aile neuve (AN, AJ/19/245, f° 29 v°, n° 6505) - l'ensemble mobilier comprend le canapé (n° 6503), huit fauteuils (n° 6504), dix chaises (n° 6505) et un écran (n° 6506) ; en 1833, dans le salon de l'appartement n° 143 de l'aile neuve (AN, AJ/19/252, f° 36 v°, n° 5789) - l'ensemble mobilier comprend le canapé (n° 5787), huit fauteuils (n° 5788), dix chaises (n° 5789) et l'écran (n° 5790) ; en 1850, dans une pièce indéterminée (F 4910, inventaire perdu) ; en 1855, dans le deuxième salon de l'appartement n° 8, au rez-de-chaussée de la cour des Princes (AN, AJ/19/1127, f° 241 v°, n° 2511) - l'ensemble mobilier comprend le canapé (n° 2509), huit fauteuils (n° 2510), dix chaises (n° 2511) et l'écran (n° 2512). Quatre chaises rentrent au Garde-meuble en 1869. Les six autres, dont celle-ci, sont vendues en 1882 - la vente concerne le canapé, trois fauteuils et six chaises.
Versée au Mobilier national, le 18 janvier 1996, par la préfecture de la région Midi-Pyrénées, à Toulouse (Arch. Mob. nat., MM 6450, f° 46 v°, n° 31038). Le versement comprend les dix sièges vendus en 1882 : le canapé (n° 31036), trois fauteuils (n° 31037) et six chaises (n° 31038).
Déposée depuis 2023 au château de Vizille (Isère).
De l'ensemble de 1795, on connaît sept fauteuils sur les dix (MN, GMT 30990 et GMT 31037/1 à 3 ; deux au château de Fontainebleau ; un au château de Malmaison ; deux en collection privée, vente Christie's Monaco, 10 décembre 1999, lot n° 510) et six chaises sur les dix (MN, GMT 31038/1 à 6).

Couverture :
1795 : étoffe de crin rayé.
1807 : gourgouran vert.
1817 : étoffe gourgouran vert, bordure aurore et noire et crête idem.
1833 : id.
1855 : cannetillé vert, biais en soie chamois et violette.
1996 : cuir fauve.
A propos de l'auteur
Georges (I) Jacob (06 juillet 1739 - 05 juillet 1814)
Menuisier en siège, reçu maître à Paris en 1765.
Bibliographie
- Samoyault, Jean-Pierre (1938-....) ; Mobilier national , A travers les collections du Mobilier national : (XVIe-XXe siècles) : [exposition, Beauvais, Galerie nationale de la Tapisserie, 20 avril - 29 octobre 2000], Paris, Centre national des arts plastiques, 2000, 150 p., p. 96-98
- Domaine de Vizille ; Musée de la Révolution française , Style révolution française : mobilier, objets d'art et papiers peints : [journal d'exposition, Domaine de Vizille, musée de la révolution française, 30 juin 2023 - 11 mars 2024], Vizille ; Grenoble, Domaine de Vizille - Musée de la Révolution française ; Département de l'Isère , 2023, 23 p., p. 5
- Lefuel (Hector), Georges Jacob. Ebéniste du XVIIIe siècle, Paris, Albert Morancé, 1923, p. 358 et p. 368-369
- Ledoux-Lebard (Denise), "The Refurnishing of the Tuileries under the Consulate", Apollo, sept. 1964, p.199-205
- Ledoux-Lebard (Denise), Le Mobilier français du XIXe siècle, 1989, p. 284, 288, 289, 292
- Gautier (Jean-Jacques), Sièges en société. Histoire du siège du Roi-Soleil à Marianne (plaquette exp. Paris, Galerie des Gobelins, 25 avril-24 septembre 2017), Paris, Mobilier national, Montreuil, Gourcuff Gradenigo, 2017, p. 46-47, fig.5., p. 182.