Tapisserie de lice St Louis médiateur entre le roi d'Angleterre et les Barons anglais Tenture de la Salle du Trône aux Tuileries

Numéro d’inventaire
GMTT 240
Auteurs
Georges Rouget
Année de conception
1826
Style
Restauration
Types
Tapisserie, Tapisserie, Textile
Époque
19e siècle, 2e quart
Manufacture et atelier
Manufacture des Gobelins
Dimensions (h × l × L)
3,4 x 4,05 x 0 m
Acquisition
1899-05-25
Description
Saint-Louis médiateur entre le roi d'Angleterre et les Barons anglais (23/01/1264),
de la tenture de la Salle du Trône aux Tuileries,
d'après les compositions de Georges Rouget,
Tissée en haute lisse,entre le 1er août 1820 et le 13 décembre 1826,
à l'atelier Laforest père,
chef de pièce : Harland père.

En 1264, de guerre lasse, Henri III et les barons anglais se rendent à Amiens pour s’en remettre au jugement de saint Louis.

Cette tapisserie s'inscrit dans un un plus vaste ameublement décidé au retour de la Monarchie : la salle du trône des Tuileries habitée encore récemment par l’Empire, un nouveau mobilier, un tapis (confié à Dugourc), et la commande de neuf tapisseries historiques ou allégoriques adéquates pour orner les murs : saint Louis reçoit à Ptolémaïs les envoyés du Vieux de la Montagne (1251), notre scène (1264), François Ier refuse l'offre des Gantois de se soumettre à son autorité (1539), François Ier pardonne aux Rochelais révoltés (1543), Henri IV préside l’assemblée des notables à Rouen (1596), Henr IV présente Crillon à sa cour, le tout accompagné de trois allégories : Chevalier français au XIIIe siècle, Soldat croisé (pour les entre-fenêtre) et La France (en portière).
Le peintre Gros, ayant décliné l’offre, on choisit en 1818 un élève de David, Georges Rouget, qui s’est distingué au salon de 1817 avec sa Mort de saint Louis. Il doit livrer sous un an les compositions de Saint Louis. Le premier tableau reçoit une critique un peu fraiche au salon de 1819. Le comte de Forbin, directeur du Louvre, le qualifie d’« ouvrage d’une médiocrité désespérante […] la faiblesse de cet ouvrage se fait encore moins sentir par des défauts choquants que par l’absence de toute beauté ».
Notre composition est présentée au salon de 1822 . Les critiques observent des compostions semblables d’un modèle à l’autre de Rouget, les mêmes coloris et une uniformité attribuée au but, un ensemble cohérent à tisser . La commission se réunissant à la manufacture pour examiner les modèles et la possibilité de les tisser note aussi un choix heureux de tons dans les draperies, mais regrette l’aspect gris et froid des couleurs, des carnations trop pâles et manquant de variété, le vague de l’exécution rendant la traduction en tapisserie précaire. Le chef de la teinture Chevreul se rappelle en 1854 les difficultés rencontrées pour fournir les couleurs de ces tissages « les chairs de Rubens sont fraiches et non violâtres et rabattues comme celles de tableaux de Rouget ».
La tapisserie est tissée entre 1820 et 1826. En 1826, sept des tapisseries finies sont présentées à l’exposition des produits des manufactures au Louvre, et soulèvent des critiques. La tenture n’est donc pas mise en place aux Tuileries ; elle est envoyée sous Louis-Philippe à Fontainebleau pour orner le salon dit de François Ier jusqu’au Second Empire . Quant au modèle, rendu au Garde-meuble en 1827 , il est exposé à partir de Louis-Philippe dans le musée qu’il crée à Versailles.
Historique
Inventoriée entre 1895 et 1899 en magasin au Mobilier national (Arch. Mob. nat., M101 et M103).

Exposée à l'Exposition des produits des Manufactures au Louvre le 27 décembre 1826,
placée, avec Saint Louis recevant les envoyés du Vieux de la montagne, à l’Ambassade de France à Constantinople,
le modèle fut exposée au Salon de 1822 et rendu au Mobilier en 1827.
Bibliographie
Cochet, Vincent ; Beaufils, Oriane , Louis-Philippe à Fontainebleau : le Roi et l'Histoire : [exposition, Château de Fontainebleau, 3 novembre 2018 - 4 février 2019], Fontainebleau, Château de Fontainebleau ; RMN - Grand Palais, 2018, 263 p., p.185 ; 200
Cavalié, Hélène ; Dion-Tenenbaum, Anne ; Serrette, Renaud, La salle du trône des Tuileries : les fastes restaurés de la monarchie, Saint-Remy-en-l'Eau : Monelle Hayot, 2024., p.42
-Charles Paul Landon, Salon de 1822 : Recueil de morceaux choisis parmi les ouvrages de peinture et de sculpture exposés au Louvre le 24 avril 1822, Au Bureau des Annales du Musée, 1822 [https://books.google.fr/books?id=FI5ZAAAAYAAJ&lpg=]
-Galeries historiques du palais de Versailles, 1839, Vol. 10, t. I, , Musée national de Versailles-Imprimerie Royale, p. 100
-Fenaille - Tome V - p. 98.
-Guiffrey, « Les tapisseries du garde-meuble », Inventaire général des richesses d’art de la France, Paris, Monuments civils, t. IV, Paris, 1913, p. 150.
-Compin et Coquebert, Catalogue sommaire .
-Gautier (J-J), Sièges en société, Histoire du siège du Roi-Soleil à Marianne, Paris, 2017, plaquette expo, p.32-33, fig.27.
-Gautier (Jean-Jacques), Sièges en société, Histoire du siège du Roi-Soleil à Marianne, Paris, 2017, cat expo, détails fin de l'ouvrage
-Cat. exp. Fontainebleau, Louis Philippe à Fontainebleau, 2018 (notice d'Hélène Cavalié).