- Description
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Étude pour la Défaite du Comte de Marsin près du canal de Bruges
Pierre noire sur papier beige.
H. 0,555; L. 0,845.
Mauvais état du support.
Venant de la droite, Louis XIV à cheval est suivi par deux cavaliers, le prince de Condé et le marquis de Créqui ; à sa gauche, au centre, est esquissé un autre cavalier qui pourrait être le marquis de Bellefonds (cf. Meyer, 1980, p. 101). A l'arrière-plan, l'armée traverse le canal pour attaquer les Espagnols. Le combat près du canal de Bruges le 31 août 1667 marqua la fin de la campagne de Flandre. Le comte de Marsin, à la tête des troupes espagnoles, accompagné du prince de Ligne avançait pour secourir Lille ignorant la reddition de la ville. Louis XIV envoya alors au devant d'eux les marquis de Créqui et de Bellefonds afin de les empêcher de se retirer au moment où ils apprendraient la prise de la ville (Marquis de Quincy, 1726, I, p. 284). Van der Meulen n'assista pas au combat près du canal de Bruges qui n'est, d'ailleurs, pas mentionné dans son Mémoire. Sans doute est-ce à partir de témoignages qu'il recomposa la scène destinée à être célébrée dans la tenture de l 'Histoire du Roi. M. Jean-Marie Moulin (1960) a proposé devoir dans la conception du Canal de Bruges une œuvre personnelle de Van der Meulen contrairement aux autres événements de la campagne de Flandres, figurant dans cette même tenture, et dus à la collaboration de Le Brun et de Van der Meulen. Le dessin du Mobilier national, de grandes dimensions, est caractéristique du traitement esquissé et nerveux de l'artiste flamand que l'on retrouve dans d'autres compositions; citons par exemple la très belle sanguine de Louis XIV au prieuré de Fives (cat. 22) ou l'étude pour la Prise de Dole (cat. Starky 32). À la suite de celle composition fut exécutée une élude très achevée, conservée au Louvre et classée sous le nom de Van der Meulen (Cabinet des Dessins, Inv. 20059 - Lugt, 1949, 1, n° 788). Signalons que l'École des Beaux-Arts de Paris conserve une réplique de cette dernière composition, attribuée au maître, mais due, à notre avis, à une autre main.
Dans son Mémoire (p. 125), l'artiste mentionne l'esquisse peinte qu'il exécuta pour la tapisserie qui est vraisemblablement celle du Louvre (Inv. 1483 - Rosenberg, Reynaud, Compin, 1974, II, n° 835 repr.). En revanche celle de Versailles est attribuée par M. Daniel Meyer à l'atelier (MV 2142 - Exp. Florence, 1982, p. 109).
- Bibliographie
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Starcky, Laure ; France. Mobilier national, Paris, Mobilier national : Dessins de Van der Meulen et de son atelier, Paris : Réunion des musées nationaux : Centre national des arts plastiques, 1988., p.65
Inventaire général des richesses d'art, Inventaire général des richesses d'art de la France : Paris, Monuments civils, Tome troisième, Monuments. Statues et sépultures, Paris : E. Plon et Cie, 1902, 536 p., p.120
Wagener, Danièle (19..-....) ; Starcky, Emmanuel (1955-....) , À la gloire du roi : Van der Meulen, peintre des conquêtes de Louis XIV : [exposition, Musée des beaux-arts de Dijon, 9 juin - 28 septembre 1998 ; Musée d'histoire de la Ville de Luxembourg, 29 octobre 1998 - 17 janvier 1999], Dijon, Musée des Beaux-Arts de Dijon ; Musée d'Histoire de la Ville de Luxembourg, 1998, 335 p., p.136
Manufacture nationale des Gobelins , Manufacture nationale des Gobelins : [exposition Antoine-François Van Der Meulen (1634 - 1690)], Paris, Ducros et Colas imprimeurs, [1949], n.p. p., p.101
Sarmant, Thierry ; Brouillet, Stéphanie ; Federspiel, Emmanuelle ; Gasnault, Hélène , Créer pour Louis XIV : les manufactures de la Couronne sous Colbert et Le Brun : : [exposition, Paris, Galerie des Gobelins, 18 septembre au 4 décembre 2019], Cinisello Balsamo, Mobilier national - Silvana Editoriale, 2019, 199 p.