Dessin Siège de Cambrai

Numéro d’inventaire
NO 46
Auteurs
Adam-François Van der Meulen
Style
Louis XIV
Types
Dessin, Beaux arts, Art graphique
Époque
Louis XIV (1643-1715)
Dimensions (h × l × L)
1,42 x 1,61 x 0 m
Description
Reddition de la citadelle de Cambrai
Pierre noire sur plusieurs morceaux joints de papier beige ; Format cintré à oreilles par le bas.
H. (max). 1,380; L. 1,580.
Repris au poinçon.
Enduit sur le recto. Nombreuses lacunes, déchirures. Collé en plein sur toile.
Rappelons qu'à la suite de la prise de la ville de Cambrai le 6 avril 1677, Louis XIV entreprit le siège de la citadelle. Construite sur une élévation et protégée par de profonds Fossés, elle était placée sous le gouvernement de Dom Pedro Zavala. L'attaque violente dirigée par le roi, qui fit lancer un grand nombre de bombes, conduisit finalement les assiégés à se rendre le 17 avril après dix jours de siège. Le lendemain, la garnison sortit de la citadelle (Marquis de Quincy, 1726, I, p. 538). Cet épisode glorieux de la reddition de la place forte le 18 avril, à laquelle Van der Meulen assista en compagnie de Le Brun et de Le Nôtre, tous trois arrivés la veille à Cambrai (cf. cat. 110) fut choisi pour figurer dans le programme décoratif de l'escalier des Ambassadeurs, achevé l'année suivante. L'on ne s'étonnera pas alors que Van der Meulen, pressé par les commandes toutes récentes, fût aidé par son « homme » auquel il confia la lâche de relever un certain nombre de vues de la citadelle, conservées aujourd'hui au Mobilier national (cf. cat. 118-124). Dès 1672, les travaux de construction du grand escalier de Versailles commencèrent sous la direction de Le Vau. A Le Brun était échue la lourde responsabilité de concevoir le décor peint de la partie supérieure de l'escalier. Il divisa la surface à décorer en parties pleines et en parties ouvertes, soit par des trompe-l'œil, soit par des portes (Marie, 1968, II, p. 263). Van der Meulen fut chargé d'exécuter à l'huile sur enduit de chaux et de sable (Faille, 1976, p. 491) et non à fresque comme le rapporte Piganiol de La Force (1701, p. 23), quatre peintures murales sous forme de tapisseries feintes. Chaque composition célébrant une des victoires de la campagne de 1677 — il s'agit de la prise de Valenciennes, de la reddition de la citadelle de Cambrai, de la bataille de Mont-Cassel (cf. cat. 125) et de la prise de Saint-Omer (cf. cat. 129) — était intégrée dans un ensemble décoratif réalisé par Le Brun et composé de rinceaux, d'arabesques et de phénix que les gravures de Surugue restituent (B.N.Est., Ce 60b). Lors de la démolition de l'escalier en 1752, seule fut conservée la composition de la Reddition de la citadelle de Cambrai, entourée de son ornementation et alors transposée sur toile par Picault (Versailles, MV 155). En plus des études préparatoires mentionnées ci- dessus, le Musée de Versailles possède les quatre très belles esquisses peintes par Van der Meulen (MV 2147, MV 5850, MV 5851, MV 2148). Signalons qu'une autre élude, exécutée sur cuivre, pour l'épisode de Cambrai, est conservée au Musée municipal de Cambrai (Inv. n° 51 - Exp. Bruxelles, 1965, n° 145, repr.). Ce dessin est le carton pour la Reddition de la citadelle de Cambrai (MV 155 - Faille, 1976, p. 491). Au premier plan, le roi Louis XIV, entouré de ses officiers, assiste à la sortie de Dom Pedro Zavala en carrosse. La composition présente, dans sa partie inférieure seulement, le format cintré que l'esquisse peinte de Versailles n'offre pas (MV 5850). De même la gravure exécutée par Ertinger, d'après la peinture du grand escalier, contrairement à celle de Surugue, ne tient pas compte non plus du format définitif (B.N.Est, Aa 10g). La composition, malgré une évidente tendance à simplifier les formes et à les traduire par le contour, parfois avec une certaine lourdeur, offre un traitement néanmoins vigoureux, sans hésitation, identique à celui des dessins suivants, la Bataille du Mont-Cassel et la Prise de Saint Orner (cat. Starky 125,129). De plus la qualité de la mise en page et du groupement des figures dans cette Étude pour la Reddition de Cambrai correspondent parfaitement au style du maître. Le rapprochement avec la très belle feuille représentant Louis XIV au prieuré de Fives (cat. Starky 22) ou avec le Canal de Bruges (cat. Starky 30) souligne certaines affinités stylistiques, qui nous incitent à laisser sous le nom de Van der Meulen le dessin étudié. Si une plus grande spontanéité de facture domine dans ces deux compositions du maître, citées ci-dessus, le traitement vigoureux des visages ou celui des chevaux est comparable.
Bibliographie
Starcky, Laure ; France. Mobilier national, Paris, Mobilier national : Dessins de Van der Meulen et de son atelier, Paris : Réunion des musées nationaux : Centre national des arts plastiques, 1988., p.127
Jean-Pierre Babelon , Charles Le Brun, 1619-1690 : célébration du tricentenaire de la mort de l'artiste : le décor de l'escalier des Ambassadeurs à Versailles : [exposition, musée national du château de Versailles, 19 novembre 1990 - 10 février 1991], Paris, Réunion des musées nationaux, 1990, p.88
Inventaire général des richesses d'art, Inventaire général des richesses d'art de la France : Paris, Monuments civils, Tome troisième, Monuments. Statues et sépultures, Paris : E. Plon et Cie, 1902, 536 p., p.128
Manufacture nationale des Gobelins , Manufacture nationale des Gobelins : [exposition Antoine-François Van Der Meulen (1634 - 1690)], Paris, Ducros et Colas imprimeurs, [1949], n.p. p.